LE PROBLÈME
Je n’avais pas envie de faire un habit tracker de plus.
Le marché est déjà plein d’apps qui te demandent si tu as fait ton habitude aujourd’hui. Tu coches une case, tu gardes une streak, et c’est à peu près tout.
Le problème, c’est que ça ne répond pas vraiment à ce que je cherchais.
Si je veux passer de 10 à 50 pompes, je n’ai pas juste besoin qu’une app me dise “bravo, tu as fait tes pompes”. J’ai besoin qu’elle me dise combien faire aujourd’hui, comment augmenter sans me cramer, et comment reprendre quand je rate une journée.
Même chose pour lire plus, marcher plus, ou réduire mon screen time. Le sujet ce n’est pas seulement d’être régulier. Le sujet c’est de progresser sans abandonner au premier mauvais jour.
L’IDÉE
HabitScaler part d’une idée simple : une habitude devrait avoir une trajectoire.
Tu choisis un objectif, tu définis ton point de départ et ton cap, et l’app calcule l’étape du jour. Si tout se passe bien, la cible monte progressivement. Si tu rates, elle arrête de monter. Si tu rates plusieurs fois, elle deload pour te remettre à un niveau réaliste.
Je voulais un système qui pousse doucement le nombre vers le haut, sans transformer chaque raté en échec dramatique.
Pour les mauvaises habitudes, c’est la même logique dans l’autre sens. Tu peux partir de 4h de screen time et descendre vers 1h30, étape par étape.
Le but n’est pas de te faire cocher une case. Le but c’est de garder une direction.
LE MVP
J’ai commencé HabitScaler début juillet 2026, juste après avoir mis TheoryCraft en pause.
Cette fois, le scope était clair :
- créer une habitude
- choisir une direction, scale up ou scale down
- calculer la cible du jour
- gérer les jours ratés
- afficher la progression composée
- sortir une app mobile assez propre pour être testée
C’est déjà largement assez pour une V1.
Une app mobile “simple” devient vite moins simple dès que tu ajoutes les dates, les états, les stores, les screenshots, l’auth, les paiements plus tard, et tous les petits trucs invisibles qui te mangent une journée sans prévenir.
Donc j’ai gardé la règle simple : si ça n’aidait pas à tester la mécanique de progression, ça ne rentrait pas dans la première version.
HabitScaler a été build et lancé en environ 10 jours.
Pas parce que tout était parfait.
Parce que cette fois, le but était de mettre la mécanique devant des vrais utilisateurs le plus vite possible.
LA FEATURE SOCIALE
Le truc que je trouve intéressant avec HabitScaler, c’est que la progression se partage beaucoup mieux qu’une streak.
Une streak dit juste : “j’ai tenu 37 jours”.
Une carte de progression peut dire : “je suis passé de 10 à 32 pompes”, ou “j’ai récupéré 14 heures de screen time”.
C’est beaucoup plus concret.
C’est pour ça que j’ai ajouté des cartes de progression partageables. L’idée n’est pas de faire un réseau social dans l’app, ni un leaderboard inutile. L’idée c’est de créer un petit moment social autour de la progression : tu peux montrer la trajectoire, pas juste la présence.
Et oui, ça rend aussi l’abandon un peu plus gênant.
C’est volontaire.
LA RELEASE
Le 9 juillet 2026, j’ai ouvert l’accès à HabitScaler en donnant 12 accès lifetime gratuits.
Pas parce que j’avais une stratégie marketing brillante.
Parce que Google Play demande 12 testers pendant 14 jours avant de laisser un nouveau compte individuel publier en production.
C’est là que j’ai pris une petite claque : build l’app vite, c’est bien, mais la release ne s’arrête pas au code.
Il y a Google Play, Apple, les comptes dev, les règles, les screenshots, les textes, les formulaires, et parfois même de l’administratif d’entreprise.
Pour iOS, j’ai aussi dû repousser parce que je voulais ouvrir le compte développeur avec ma structure, et ça demandait d’abord de régler ma situation juridique.
Donc oui, l’app était prête.
Mais “prête” ne veut pas dire “disponible partout”.
En fait, build l’app était la partie rapide.
ET MAINTENANT
HabitScaler est en closed testing Android. L’iOS viendra après, quand la partie administrative sera réglée.
Je ne sais pas encore si ce projet peut devenir un vrai business. Peut-être que oui, peut-être que non.
Mais ce n’était pas le seul objectif.
L’objectif c’était aussi de casser mon vieux pattern : avoir une idée, partir dans un build énorme, vouloir tout faire parfaitement, puis ne jamais vraiment mettre l’app devant des utilisateurs.
Cette fois j’ai fait l’inverse.
J’ai ship petit.
Et rien que ça, c’est déjà une victoire.